Le secteur financier en 2018 : la banque au service de la société

25 Avril 2018

Nous vivons dans un nouveau monde, toujours plus numérisé. Les nouvelles technologies ne se contentent pas de faire évoluer notre mode de pensée, elles modifient aussi notre manière d’interagir les uns avec les autres. Cette évolution est également perceptible dans le secteur financier. Les clients attendent de leur banque une prestation de services instantanée et souple, 24 heures sur 24.

Le secteur financier s’efforce d’offrir une réponse adéquate – et à la mesure de chacun – à ces attentes évolutives. Ces défis ne modifient toutefois en rien la mission de base du secteur : la transformation de l’épargne en crédits aux ménages, aux entreprises et aux pouvoirs publics.

Financement de l’économie

Le secteur financier a toujours joué son rôle de moteur de l’économie. Tant les ménages que les entreprises et les pouvoirs publics s’adressent aux institutions financières pour pouvoir réaliser leurs rêves et projets.

En février 2018, l’encours des crédits aux entreprises1 atteignait 132,9 milliards EUR, soit une hausse de 33% par rapport à il y a 10 ans. Quelque 373.000 entreprises2 font appel à un crédit bancaire pour lancer, développer ou transformer leur activité. Ce sont surtout les plus petites entreprises qui sont concernées : trois quarts de l’ensemble des crédits bancaires aux entreprises aboutissent dans des micro-entreprises ou des PME, les grandes entreprises étant destinataires de 25% environ de ces crédits bancaires.

L’encours des crédits octroyés aux ménages se chiffrait, en février 2018, à 215,4 milliards EUR3. Ici aussi, une nette hausse est observée par rapport à il y a 10 ans : les ménages utilisent 54% de crédits bancaires de plus qu’en 2008. 

On distingue deux grandes catégories de crédits parmi les crédits aux particuliers : le crédit hypothécaire et le crédit à la consommation.

Fin 2017, l’encours des crédits hypothécaires s’élevait à 206 milliards EUR4. 2017 a d’ailleurs été une année record pour le crédit hypothécaire, puisque 243.000 ménages ont signé cette année-là un contrat de crédit hypothécaire pour pouvoir réaliser leur projet de rêve.

En ce qui concerne les crédits à la consommation, leur encours se montait en juillet 2017 à 25,2 milliards EUR5. Ces crédits à la consommation servent surtout à l’achat d’appareils électroménagers et électriques. En 2017, 232.000 crédits de ce type ont été contractés.

Ces chiffres élevés témoignent du fait que le crédit hypothécaire comme le crédit à la consommation constituent un maillon important de la croissance économique. C’est pourquoi il importe que le crédit soit accordé de manière judicieuse et n’entraîne pas de surendettement. Le secteur financier contrôle dès lors scrupuleusement la capacité de remboursement de ses clients.

Les chiffres de la Centrale des Crédits aux Particuliers (CCP) montrent toutefois que les Belges ne supportent pas une charge d’endettement considérable. Sur un total de 11,2 millions de contrats de crédit, on note un peu plus de 540.000 retards de paiement. Les chiffres relatifs à la procédure de règlement collectif de dettes indiquent qu’en 2017, il a été introduit quelque 6% de demandes de recours à la procédure de moins que l’année précédente (14.500 en 2017 contre 15.400 en 2016).

En février 2018, ce sont enfin aussi 74,3 milliards EUR de crédits qui ont été octroyés aux pouvoirs publics6. Ces crédits sont notamment affectés à des projets sociétaux, comme la construction d’écoles, le développement du réseau routier, la modernisation des transports publics, …

Le leasing de biens tant mobiliers qu’immobiliers constitue une catégorie de financement à part. Les entrepreneurs comme les pouvoirs publics et les ménages peuvent prendre en leasing un immeuble, des machines, un véhicule, … Ce qu’ils ont fait au total environ 300.000 fois en 20177.

L’encours total du leasing a ainsi été de 15,1 milliards EUR en 2017, l’intérêt se portant surtout sur le leasing mobilier (machines, véhicules, …). L’encours de ce leasing mobilier a ainsi représenté 10,2 milliards EUR, contre 4,9 milliards EUR pour le leasing immobilier (bâtiments).

Numérisation

Dans notre société actuelle, les canaux numériques ne cessent de prendre de l’importance. Le rapport bancaire Gemalto Generation montre ainsi que 68% des jeunes ont opté pour la banque mobile. Mais le numérique ne séduit pas que cette génération : selon le Boston Consulting Group, plus de 70% des Belges effectuent des opérations numériques au moins 2 à 3 fois par mois.

L’interaction numérique entre la banque et le client se constate aussi au travers de la progression de la banque mobile et de la banque en ligne. En 2017, Febelfin comptait 5,88 millions de souscriptions à la banque mobile, ce qui revient à une hausse de 1,3 million par rapport à l’année précédente. Pour la banque en ligne, ce sont 12,1 millions de souscriptions qui ont été notées en 2017. 10 ans auparavant, ce chiffre était de 4,6 millions.

Pour faire en sorte de répondre aux attentes du consommateur d’aujourd’hui et de demain, les banques investissent massivement dans de nouvelles technologies et dans un service bancaire profitable au consommateur. La blockchain, l’intelligence artificielle et les services tels que Payconiq et itsme n’en sont que quelques exemples.

Le passage marqué au numérique pour les activités bancaires quotidiennes ne signifie toutefois pas que les opérations bancaires soient vouées à n’être plus que numériques. Les banques mettent ainsi à disposition en Belgique 8.235 distributeurs de billets8. Le consommateur belge retire en moyenne 24 fois des espèces par an pour un montant de 143 EUR. Sur une base annuelle, il se classe, ce faisant, au-dessus de la moyenne européenne.

Le client belge peut aujourd’hui toujours se rendre dans de nombreuses agences bancaires, 5.896 en 2017 pour être précis. La Belgique connaît ainsi l’un des réseaux d’agences parmi les plus denses d’Europe : avec 603 agences par million d’habitants, elle n’est précédée sur ce plan que par l’Espagne et Chypre. Aux Pays-Bas, ce chiffre n’est que de 102. Toutefois, le nombre d’agences diminue également peu à peu en Belgique. L’an dernier, le réseau d’agences s’est ainsi réduit de 4,6%; cette diminution s’inscrit dans le prolongement de l’évolution des années précédentes.

La forte tendance à la numérisation et la réduction allant de pair du nombre d’agences bancaires s’accompagnent d’une contraction de l’emploi. En 10 ans, 14.500 emplois ont ainsi disparu. Ceci ne veut cependant pas dire que dans l’avenir, le secteur financier cessera d’être un pourvoyeur d’emplois. Mais il est clair que de très nombreuses fonctions sont appelées à être réaménagées. Le secteur est donc confronté à un énorme défi en termes de recyclage et de réorientation d’une part importante de ses collaborateurs. En concertation avec les partenaires sociaux, il tient en priorité à relever ce défi.

Plus d’infos

Pour de plus amples informations, vous pouvez vous adresser à Rodolphe de Pierpont, porte-parole de Febelfin, au numéro de presse 02 507 68 31 ou par courriel à press@febelfin.be.


1 BNB

2 Centrale des crédits aux entreprises (CCE), BNB

3 BNB

4 UPC

5 Centrale des Crédits aux Particuliers (CCP), BNB

6 BNB

7 ABL

8 Prévoyant exclusivement une fonction de retrait d'argent

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